Dans cet article :
- L’environnement et nos habitudes : le terrain idéal pour les virus
° Des virus qui survivent mieux dans l’air : Nos voies respiratoires expulsent en permanence de microscopiques gouttelettes. En été, l’air sec favorise l’évaporation de ces gouttelettes, neutralisant ainsi les microbes. En hiver, l’air froid et humide permet à ces particules de persister beaucoup plus longtemps en suspension dans l’air, prêtes à être inhalées par nos proches.

° La promiscuité dans les lieux clos : Face au froid, nous avons tendance à nous enfermer dans des espaces chauffés, souvent peu aérés et plus humides. Cette promiscuité facilite grandement la transmission des épidémies hivernales.
2. Ce qui se passe dans notre corps : des défenses affaiblies
° Un système d’évacuation ralenti : Le froid rend les sécrétions respiratoires plus visqueuses. Le tapis mucociliaire (mécanisme naturel qui fait remonter le mucus vers la gorge pour l’éliminer) fonctionne moins bien : les microbes restent piégés plus longtemps.
° Des portes d’entrées grandes ouvertes : Sous l’effet du froid, les cellules de nos voies respiratoires expriment davantage de récepteurs auxquels les virus s’accrochent pour nous infecter.
° Une immunité locale affaiblie : Dans les zones en contact direct avec le l’air froid, telles que le nez, la gorge et les poumons, les cellules immunitaires perdent en efficacité sous l’effet de la baisse de température.

3. Le rôle méconnu du foie et des émonctoires
On l’oublie souvent, mais le bon fonctionnement de nos voies respiratoires est étroitement lié à notre sphère digestive
° Alimentation riche et surcharge de « colles » : À l’automne et à l’approche de l’hiver, notre alimentation devient plus calorique et plus riche avec des plats en sauce, des produits laitiers fondus, du chocolat, et des féculents réconfortants. En plus de solliciter le foie à plein régime, cette alimentation peut entraîner une accumulation de déchets colloïdaux (les fameuses colles) au niveau de l’intestin.
° L’évacuation par les poumons et la peau : Quand le foie et les intestins sont saturés, l’organisme utilise les émonctoires secondaires pour évacuer cet excès de déchets. Les poumons prennent le relais pour déstocker ces colles, ce qui se traduit par des sécrétions, un nez qui coule ou de l’encombrement, tandis que la peau peut exprimer cette surcharge par des imperfections.
° L’impact du mental : Outre le froid, le stress et la frustration pèsent également sur le fonctionnement du foie. C’est pourquoi il est essentiel de cultiver un état d’esprit positif et de savoir lâcher-prise lorsque les choses ne tournent pas comme on veut.
4. Au-delà des pneumovirus : l’impact du froid sur le cœur et le moral
° Une pression accrue sur le cœur : Pour lutter contre le froid, les vaisseaux sanguins des extrémités se contractent, et le sang devient moins fluide. Le cœur fatigue davantage pour assurer la circulation, ce qui explique la recrudescence des accidents cardiovasculaires en hiver.
° La baisse de luminosité : La réduction de la luminosité agit directement sur le système nerveux favorisant la fatigue et la dépression saisonnière.
Les stratégies naturopathiques préventives contre les virus de la grippe, du Covid et compagnie
À chacun son terrain, à chacun ses besoins
Gardons en tête que chacun se défend avec ses propres armes, en fonction de son âge, de sa constitution, de son tempérament et de sa force vitale du moment. Les pistes proposées ici sont des repères généraux pour vous guider. Pour un accompagnement ciblé et adapté à votre profil, n’hésitez pas à prendre rendez-vous au cabinet ou en visio.
1. Prenez soin de votre foie et de vos intestins
° Alléger l’assiette : réduisez la consommation de graisses saturées (charcuteries, fritures, excès de fromage), de sucres raffinés et d’alcool. (Bien-sûr, se faire plaisir avec une bonne raclette reste un vrai moment convivial ! L’idée est de garder ce type de repas comme un plaisir exceptionnel, et non comme une habitude hebdomadaire).
° Miser sur les bonnes graisses : Privilégiez les huiles biologiques vierges de première pression à froid.
° Pratiquer une monodiète douce : mettez l’appareil digestif au repos le temps d’un repas ou d’une journée en ne consommant qu’un seul aliment simple, par exemple une compote de pommes maison sans sucre ni miel.
° Apporter de la chaleur : le foie adore la chaleur ! Appliquez une bouillotte chaude ou un cataplasme sur la région du foie, sous les côtes à droite, ou détendez-vous dans un bain chaud à 38°C.
° Miser sur les plantes hépatiques : utilisez des plantes spécifiques, comme la fumeterre ou le radis noir pour leur effet drainant ou le desmodium qui, en plus d’être drainant, a des propriétés hépato-protectrices. Vous avez le choix entre l’infusion, la gélule ou la teinture mère…

2. Renforcez votre terrain et votre immunité
I. Chouchouter la flore intestinale : Le microbiote constitue notre première ligne de défense immunitaire face aux agents pathogènes ingérés par voie orale.
- Un effet barrière naturel : La présence en grand nombre de « bonnes » bactéries permet de saturer l’espace et d’empêcher les éventuelles bactéries pathogènes de s’installer et de proliférer.
- La modulation de l’immunité : Les différentes souches bactériennes jouent un rôle actif sur la réponse immunitaire en stimulant la résistance de l’hôte et en modulant les réactions de l’organisme.
- Un impact sur tout le corps : avec près de 70 % des cellules immunitaires situées dans l’intestin, préserver l’équilibre de cet écosystème est essentiel pour maintenir de bonnes défenses qui retentissent sur l’ensemble de l’organisme.
En pratique, comment chouchouter votre microbiote ?
Intégrez progressivement à votre alimentation des aliments et des boissons riches en probiotiques et en postbiotiques naturels :
- Kéfir (de lait ou de fruits) : Boisson très riche en bactéries lactiques et en levures.
- Kimchi : Spécialité coréenne à base de chou et d’épices lactofermentés.
- Choucroute crue : Chou lactofermenté non pasteurisé (à consommer cru pour préserver les bactéries).
- Légumes lacto-fermentés non pasteurisés.
- Miso : Pâte de soja fermentée (à ajouter en fin de cuisson sans la faire bouillir).
- Kombucha : Thé sucré fermenté par une culture symbiotique (SCOBY).
- Yaourts nature : Contiennent des ferments lactiques comme Lactobacillus bulgaricus ou Streptococcus thermophilus.
- Vinaigre de cidre brut : Non filtré et non pasteurisé, contenant des résidus de la « mère » de vinaigre.
- Natto : Aliment japonais à base de soja fermenté, particulièrement dense en cellules microbiennes (Bacillus subtilis).

Légumes lacto-fermentés
N’oubliez pas les prébiotiques, définis comme des « substrats sélectivement utilisés par les microorganismes de l’hôte conférant un avantage pour la santé »¹. Concrètement, ce sont des composants alimentaires non digestibles qui alimentent le microbiote intestinal. En les consommant, les bactéries fabriquent des acides gras à chaîne courte, indispensables pour entretenir la barrière intestinale et préserver nos défenses immunitaires.
Même si plusieurs prébiotiques sont un type de fibres, toutes les fibres ne sont pas des prébiotiques ! En effet, pour être classées parmi les prébiotiques, les fibres doivent résister aux enzymes digestives, arriver intactes aux bactéries intestinales et stimuler leur croissance et (ou) leur activité.
De nombreux fruits, légumes, céréales et autres aliments d’origine naturelle sont des sources de prébiotiques. Citons par exemple :
- Fruits: Pommes, pamplemousses, grenades, nectarines, banane.
- Grains entiers: Avoine, blé, orge, craquelins de seigle.
- Noix et graines: Pistaches, noix de cajou, lupin.
- Légumineuses: Haricots rouges, fèves de soja, pois chiches, lentilles.
- Légumes : Topinambours, ail, oignons, asperges, chou, pois mange-tout, pois verts, poireaux, échalotes, artichaut, racine de chicorée, asperge.

Lorsque vous mangez une orange, ou une mandarine, est-ce que vous retirez soigneusement la partie blanche qui se trouve sous la peau ? Ne le faites plus ! Cette partie, appelée albédo, ou mésocarpe est un excellent prébiotique.
Vous me direz, avec tout ça, gare aux gaz et aux ballonnements !!!
L’introduction des pro et prébiotiques ne se fait pas toujours en silence… et c’est tout à fait normal ! Lors de la fermentation de ces fibres, nos bonnes bactéries s’activent et libèrent des gaz (hydrogène, méthane, dioxyde de carbone). Et il faut bien que ça sorte ! Ce n’est pas la partie la plus agréable, mais il ne faut surtout pas baisser les bras !
° Progressez à pas de loup : inutile par exemple de manger une grosse assiette de lentilles d’un coup. Commencez par en ajouter seulement une à deux cuillères à soupe dans votre plat, puis augmentez très progressivement la dose de prébiotiques au fil des semaines.
° Écoutez votre ventre : si l’inconfort est trop grand, faites simplement un pas en arrière et réintroduisez des portions encore plus petites. Le but n’est pas de forcer.
° Acceptez le processus : oui, la digestion peut être un peu plus « animée » au début… et c’est la preuve que votre microbiote travaille et se régale !
Donnez du temps à votre système digestif. L’objectif est d’avancer avec douceur pour apprendre à collaborer avec votre microbiote et retrouver un véritable confort sur le long terme.

II. Un coup de pouce naturel : Les produits de la ruche, comme la propolis ou certaines plantes, comme l’échinacée, voire certains champignons sont d’excellents soutiens de l’immunité. Pensez également à la vitamine D3 et au zinc.


III. Préserver son énergie : Évitez le tabac, apprenez à gérer les sources de stress et veillez à conserver un sommeil réparateur.

En conclusion, devenez l’acteur de votre vitalité hivernale
Tomber malade à l’arrivée du froid n’est pas une fatalité. Comme nous l’avons vu, la baisse des températures met simplement en lumière la façon dont nous prenons soin de notre terrain au quotidien, de la gestion de nos émonctoires à l’écoute de notre microbiote et de nos émotions.
En adoptant des gestes simples, progressifs et pleins de bons sens – comme aérer son intérieur, soutenir sa digestion sans se priver des plaisirs de la saison, et laisser à son ventre le temps de s’adapter – vous donnerez à votre organisme toutes les clés pour traverser l’automne et l’hiver avec énergie et confort.

La naturopathie ne se substitue pas à la médecine allopathique, mais accompagne les consultants dans leur hygiène de vie.
En tant que naturopathe, je ne pose pas de diagnostic ni ne prescris de traitement.
Les produits conseillés sont des compléments alimentaires.
1-Gibson GR, Hutkins R, Sanders ME, et al. Expert consensus document: The International Scientific Association for Probiotics and Prebiotics (ISAPP) consensus statement on the definition and scope of prebiotics. Nat Rev Gastroenterol Hepatol. 2017;14(8):491-502